Elle - 13.03.2018
Un joaillier pas comme les autres
La Diamantaire NY

Guérin Joaillerie vous emmène à la rencontre d’un joaillier pas comme les autres. De Paris à New-York, en passant par Tokyo et Los Angeles, ses 1 700 diamants scintillent au coin d’une rue ou au détour d’une place. Véritable joaillier du street-art depuis 2011, Le Diamantaire, comme il aime se faire appeler, se distingue par le choix du miroir comme matière première. Les morceaux récupérés de la rue sont retravaillés par la main de l’artiste, et renaissent sous forme de bijoux convoités. De la rue aux galeries d’art, Le Diamantaire exposent désormais des œuvres en trois dimensions, dont certaines en format XXL.

Comment est née cette envie d’utiliser la rue comme terrain d'expression ?

Je viens d’une petite ville de Normandie d’à peine 11 000 habitants. Pour m’occuper, je faisais beaucoup de roller et un jour je suis tombé sur une affiche dans un magazine avec un petit tag en dessous. C’était l’oeuvre d’Obey "André the Giant Has a Posse". Ça m’a interpellé et j’ai commencé à m'intéresser aux graffitis. Je suis tombé dedans comme ça, vers 12 ans. Cela me procurait une sensation de liberté, l’impression d’exister.

Ensuite je suis passé à la technique du pochoir et c’est à partir de ce moment où je me suis intéressé à l’art. J’ai découvert le pop-art, avec tout un travail autour de la couleur et de la composition. C’est ce qu’il y a de plus accessible au début. En même temps, j'étais aussi en BTS de métallerie chaudronnerie, donc je travaillais l’acier. L’école, c’était pas mon truc. Je suis tombé dans les ateliers dès la troisième.

Ensuite, pour ne plus être exposé au bruit et au froid, j’ai préféré reprendre des études de graphisme pendant 3 ans avec une mise à niveau en art, puis un BTS en communication visuelle. Du coup je suis revenu au street-art et c’est à ce moment la que le projet “Diamant” est né.

 

Pourquoi avoir choisir le diamant comme symbole ?

 

J’avais envie d’offrir quelque chose de beau, juste beau. C’est assez rare de créer juste pour le beau, c'est une sensibilité personnelle. Il y a tout un concept derrière le diamant. Je fais toutes mes œuvres avec des morceaux de miroirs que je récupère dans la rue et je trouve cela fort de créer un joyau à partir de cela. Il y aussi l’idée de seconde chance qui m’intéresse : retransformer pour sublimer la matière.

Après un an, je commençais à avoir du succès. J’ai eu la chance d’être exposé dans des galeries d’art et de commencer à pouvoir vivre de ça.

L’année 2014 marque un tournant dans votre carrière, pouvez-vous nous en dire plus ?

J'ai eu mon premier atelier en 2011 à Aubervilliers, un petit 11m² dans lequel je me suis retrouvé avec Combo, un artiste avec qui j’ai créé à partir de matériaux trouvés dans la rue, toujours dans l’esprit du street-art. En 2014, j’ai trouvé un mécène en Normandie. Il a un grand atelier de métallerie qu’il a mis à ma disposition. En même temps, la galerie “Wide Painting” à Paris m’a proposé de créer une exposition de sculptures sur le thème “Diamonds are forever”, qui a d’ailleurs eu un certain succès. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé  à réaliser des pièces en 3D.

Quelle a été votre oeuvre la plus marquante ?

Un diamant de rue que j’ai collé place Stravinsky, juste à côté de Beaubourg. Quelques temps après, Jef Aérosol, un célèbre artiste de rue est venu peindre une fresque sur le même mur, tout en laissant mon diamant intact. Mon diamant faisait donc partie intégrante de l’oeuvre. Tout le monde est venu voir sa fresque, donc tout le monde a vu mon diamant !

Des projets pour 2018 ?

Cette année sera assez tranquille. Je prends du temps à l’atelier pour développer de nouvelles techniques et tester des nouvelles choses. J’ai notamment envie de travailler le mouvement, la lumière…

En une phrase, comment définiriez vous votre art ?

Créer sans prétention quelque chose de beau, une beauté universelle.

Plus personnellement, on a pas pu s’empêcher de remarquer un solitaire Guérin au doigt de votre compagne Marilou Berry. Pourquoi Guérin ?

Je ne connais pas beaucoup le monde de la joaillerie, mais j’aime les choses simples et intemporelles. Il n’y a que Guérin Joaillerie qui m’a offert la possibilité d’acheter ce que je recherchais.

> Le site du Diamantaire
> Sa page Instagram