Elle - 20.06.2017
Delphine manivet, de la dentelle à la joaillerie

Delphine Manivet est aujourd’hui l’une des créatrices de robes de mariées la plus en vogue de la capitale. Originaire de Nice, d’une famille passionnée par le vintage et la couture, c’est très jeune que sa vocation se dessine. Elle fait ses classes à l’Institut supérieur spécialisé de la mode, puis chez Rochas en temps que styliste avant de s’envoler de ses propres ailes en 2004. Depuis, elle sublime les femmes en leur proposant chaque saison, de nouvelles créations chics et vintage à la fois. C’est cet univers qui lui est propre, que l’on retrouve dans sa collaboration avec Guérin Joaillerie.

Delphine, vous créez depuis toujours ou presque…parlez-nous de votre façon d’envisager la création. D’où viennent vos inspirations et qu’est-ce qui vous influence lorsque vous créez une pièce ?

Mes inspirations viennent souvent de mes rêves et de mes songes. Je rêve énormément et je crois que tout ce que j’accumule dans la journée, les odeurs, les images, les sensations…tout cela se transforme la nuit en objets ou vêtements. Et lorsque je dois créer quelque chose de spécial, je fais des recherches, dans les brocantes, les marchés, je cherche souvent des choses qui racontent instantanément une histoire.

Comment faites-vous pour rendre chaque mariée unique ?  

C’est très difficile à expliquer mais je vois des lignes sur les femmes. Pour moi c’est évident de savoir ce qui les rendra belles, c’est très instinctif. Par exemple la ligne de son cou de ses poignets tout cela crée un ensemble très net. Puis j’observe sa manière de bouger j’écoute ce qu’elle a été et veut devenir et j’en extrais un présent. Je ne rends pas les femmes uniques, elles le sont déjà, je suis juste un vecteur qui traduit en dessin ce qu’elles sont et les aides à se sentir plus belles et plus complètes parfois.

Parlez-nous de votre rapport aux bijoux ? Quels sont les pièces incontournables pour vous ?

J’ai toujours aimé les bijoux. Comme beaucoup de petites filles je m’amusais avec ceux de ma mère. Ils permettent d’être une autre rapidement et de se sentir plus forte certaines fois. Et puis pour moi ils peuvent être magiques, raconter une histoire ou nous protéger.

Les femmes commentent souvent leur bijou entre elles comme quelque chose d’intime mais aussi de simple à partager. On peut parler des heures d’un beau bracelet un peu moins d’un chemisier il me semble. Ils font partis de l’histoire et s’ils sont bien fait sont quasiment indestructibles. Ils racontent les hommes.

Comment envisagez-vous le lien entre les bijoux et la mode ? Pensez vous que ce lien ait changé ces dernières années?

De tout temps ils sont liés. Je suis allée voir récemment une magnifique exposition au grand palais sur les bijoux des maharadjas. Ce qui m’a intéressé c’est le lien avec la bourgeoisie versus l’Aristocratie. Au 18ème siècle  les hommes et les femmes ne faisaient pas beaucoup de distinction pour s’habiller, les hommes se fardaient et montraient leur mollets. C’était un peu la même chose avec les bijoux, les hommes en portaient même plus que les femmes. C’est intéressant de voir comme les vêtements et les bijoux sont liés depuis toujours et suivent la même évolution.

En tant que créatrice, comment arrivez-vous à créer l’intemporalité d’une robe ou d’un bijou dans un monde où tout change si vite ?

Je ne suis pas très attachée à la mode liée aux codes bourgeois. Je trouve beaucoup plus intéressant de réfléchir à la beauté dans son ensemble, à rester créative, et cela amène systématiquement il me semble une intemporalité. Après j’ai une idée très personnelle de ce qui me semble joli et élégant. Je n’ai jamais essayé de répondre aux besoins du marché. Cela amène une forme d’indépendance et de vision unique. Pour moi quelque chose de vraiment beau et bien pensé le restera toujours.

Racontez-nous votre première rencontre avec la maison Guérin Joaillerie, pourquoi avoir accepté cette collaboration ?

C’était tout d’abord une rencontre avec les femmes qui font la maison Guérin, beaucoup d’écoute et de respect et un vrai désir de leur part d’en apprendre plus sur mon métier et la réciproque était vraie. Je trouve le monde de la joaillerie et des pierres précieuses fascinant.

Et cela faisait très longtemps que je voulais m’exprimer sur les bijoux. C’était l’occasion parfaite et j’étais prête.

Quelle a été l'inspiration pour la création de cette collection avec Guérin Joaillerie ?

L’inspiration première était le souvenir d’un collier qui m’avait été donné par ma grand-mère Gisèle. Je dis avait car il m’a malheureusement été volé il y a de nombreuses années mais son souvenir m’a toujours accompagné. C’était un sautoir art déco alternant des roses en or vieilli rehaussées de diamants noirs et de perles de culture ivoire. Ce souvenir a été le démarrage de la collection et de mes premiers dessins. Et puis le lien était assez évident car beaucoup de mes dentelles utilisent le motif de roses. J’en ai donc observé et cherché beaucoup et puis je suis tombée par hasard sur un type de rose très particulier la rose du marais très moderne et aristocratique en même temps. Cette rose est très ronde et symétrique avec juste cinq larges pétales et un très petit cœur. J’ai trouvé qu’elle avait beaucoup de panache et je m’en suis inspirée pour faire le motif de la bague qui a ensuite été décliné et porte ainsi son nom.

Si vous deviez choisir un bijou Guérin pour vous, lequel vous ferait craquer ?

J’aime beaucoup la bague « Rose du Marais » gros plateau. J’aime ses proportions. On croirait de loin un bijou ancien ou art déco mais quand on se rapproche on voit la maîtrise d’un travail plus moderne. Et c’est vraiment ce genre de bijou que j’ai envie de porter en ce moment.