Elle - 28.09.2016
Alexandra Sprung, fondatrice de l’Agence Simone

Alors que Didier Guérin se transforme en Guérin Joaillerie, Alexandra Sprung, qui a contribué à la refonte de l’identité visuelle de la marque, se confie.

Alexandra, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
C’est pendant mes études à Sciences-Po que j’ai découvert la stratégie de marque que l’on enseignait pas ou très peu à l’époque dans les écoles. Je me suis retrouvée par hasard en stage chez Publicis Consultants (les cols blancs, pas les créatifs de la pub) dans l’équipe d’une femme extraordinaire qui conseillait en toute discrétion les plus grandes marques sur leur stratégie. Ce fut une révélation mais il me manquait toutefois une dimension essentielle : le lien avec la création. J’étais jeune, j’avais envie d’être au cœur de l’effervescence artistique et culturelle parisienne que je découvrais. C’est avec cette envie de réconcilier ces deux mondes, la stratégie et la création, que j’ai créé avec mes associés Simone il y a plus de 10 ans maintenant. Une agence un peu hybride, assez novatrice à l’époque et je le crois encore aujourd’hui.

Selon vous, qu’est ce qui est important pour une marque aujourd’hui ?
Dans un monde en pleine mutation assez anxiogène et dans une société de l’éphémère et de l’hyperchoix, une marque doit faire 3 choses fondamentales selon moi : rassurer en nous donnant des vrais gages de savoir-faire et d’authenticité, faire rêver en nous offrant la possibilité d’échapper un peu à notre quotidien, donner du sens à la consommation en affirmant ses valeurs, son engagement, sa vision du monde.

Que pensez-vous du virage réalisé par la marque Guérin ?
Guérin a été pionnière d’un nouveau luxe accessible, décomplexé, joyeux … Il était temps qu’elle l’assume et que ça se voit ! Désormais toute son identité véhicule ces valeurs fortes, cette volonté de démocratiser le beau sans jamais se prendre au sérieux !

Vous avez travaillé sur la nouvelle identité Guérin, qu’est ce qui a guidé votre travail ?
Nous avons voulu chez Simone retranscrire l’esprit libre des années 70 qui soufflait quand la marque s’est créée et qui a certainement inspiré son envie de bousculer un peu les codes du luxe. Toutefois, il était important que la marque s’inscrive également dans la modernité de son temps. Enfin, nous voulions qu’elle traduise cette élégance à la française à la fois chic et décontractée. Tous ces paradoxes ont nourri la nouvelle identité de Guérin.

Comment avez-vous choisi le monogramme de la marque ?
Les tonalités de couleur ont changé aussi : pourquoi ?

Dans les deux cas, l’idée était de communiquer de l’émotion. Que ce soit par le rose tendre sans être naïf que par les G entrelacés qui forment comme une fleur, il y a de l’amour dans cette marque !

Parlons bijoux : quel est le bijou qui compte le plus pour vous ? quelle est son histoire ?
Tous mes bijoux ont une histoire et je n’en change jamais ! Si un vient à manquer, je me sens désarmée. Ils forment une vraie parure même s’ils sont de styles et de marques différents. Parfois un petit nouveau vient se rajouter aux autres pour ensuite ne plus me quitter. Que ce soit une vieille bague offerte à ma mère par mon père, un bracelet reçu pour la naissance de mon fils ou encore un petit pendentif très délicat qui sait se faire oublier mais qui me fait penser à l’homme de ma vie.

Des collections Guérin Joaillerie, quelles sont les pièces que vous préférez parmi les collections de la marque ?
J’adore les collaborations que la marque a faites avec des créateurs comme Alexis Mabille ! Il a su s’approprier le style de la marque tout en le revisitant avec le leur, c’est très réussi.

Enfin, à quoi ressemble le bijou idéal pour vous ?
Puisqu’il ne me quittera jamais, il doit être forcément assez intemporel, s’adapter à toutes les circonstances et marquer un moment symbolique de ma vie. Mais les occasions peuvent être nombreuses !